Saviez-vous qu'au Québec, le 20% des gens les mieux nantis se partagent 70% des revenus de l'État?
En ayant plus de population avec un revenu plus élevé, l'État gagne de l'argent. Le système d'imposition étant en escalier, plus on a de gens dans la case du haut, plus l'État a de revenus.
C'est bien important de comprendre que plus la classe "riche" est importante, plus l'État reçoit de revenus, car leur taux d'imposition avoisine les 50%. Donc nécessairement, s'il y a plus de gens dans ce groupe, l'État voit une augmentation de ses revenus. Ensuite, il peut procéder à une baisse d'impôts touchant tout le monde en ayant, à la fin du compte, un revenu égale (ou du moins sans pertes).
Par exemple, nous sommes deux personnes qui font 100 000$ par année, prenons 50% comme taux d'imposition. Ensemble, nous donnerons 100 000$ à l'État.
Maintenant, si nous sommes quatre à faire 100 000$ par année, pour que l'État touche le même montant d'impôts, nous devrions payer 25%. Nous aurions donc tous 75 000$ dans nos poches plutôt que 50 000$.
Cet exemple ne tient pas compte de l'accroissement de la population (ou de la baisse de natalité) ni de l'inflation, mais résume grossièrement où je veux en venir.
Et le fait de baisser les impôts redonne du pouvoir d'achat à la population, ce qui renforce l'économie.
Si notre économie ne possède pas une base forte et stable, nous ne pourrons jamais faire face aux économies émergentes que sont la Chine, l'Inde, le Brésil et la Russie (le fameux BRIC). Uniquement pour la Chine et l'Inde, leurs populations représentent 40% de la population mondiale. Certes, nous avons su faire face à l'émergence du Japon et de quelques régions asiatiques, mais ce n'est que 4% de la population mondiale.
Ouin, pis?
Saviez-vous que le salaire maximum qu’une infirmière peut gagner au Québec est de 50 939$. En Alberta, ça frise les 69 000$! « Ouin pis? »
Je vais vous donner un autre exemple avant de répondre!
Les musiciens de l’Orchestre Symphonique de Montréal se sont plaints il y a quelques années qu’ils étaient les moins bien payés des orchestres canadiens. Pourquoi? Peut-être parce que le gouvernement qui retire son argent des impôts n’en a pas assez pour faire des subventions, peut-être parce qu’il n’y a pas autant de compagnies capables de faire des dons, donc pas assez de richesse pour la culture! Parce que créer de la richesse, c’est ça aussi!
Si on avait plus de compagnies florissantes, il ne serait presque pas nécessaire de débloquer des fonds pour la culture. Prenons l'exemple de Toronto, qui accorde beaucoup moins de fonds publics pour la culture. La Ville de Montréal accorde 33.5 millions de dollars et Québec 75 millions, comparé à 11 millions pour la Ville de Toronto et 20 millions pour Queen's Park. Malgré cela, Toronto obtient tellement plus de dons privés que le paysage culturel entre les deux villes n'est même pas comparable.
(Je recherche activement le chiffre exact, je n'ai pas retrouvé le reportage de Radio-Canada, et le diagramme manquait aux notes que j'ai prise)
Nous devons changer notre manière de voir les choses
Nous aurions les moyens de donner un salaire plus élevé aux infirmières, d’augmenter le salaire des médecins spécialistes, de réduire la dette, d’être un joueur mondial de taille. Mais ça prend un changement de mentalité. Il ne faut plus avoir peur de la richesse. Il ne faut plus avoir peur de l’entrepreneurship. Il faut l’encourager en voyant quels avantages le peuple peut en tirer. Il faut cesser de vouloir tout gratuitement. Il faut voir l’avenir avant le présent. Parce que si une génération vit bien, mais s’endette, c’est les générations futures qui écoperont.
Être réaliste pour réaliser ses ambitions
Si on veut réaliser un Québec prospère, il faudra payer individuellement. Ce n'est pas vrai que les Québécois peuvent vivre sans payer. Voyez seulement l'état de nos routes, de nos infrastructures. Voyez l'état de notre système de santé, de notre système scolaire, toujours en train de courir après des subventions d'un gouvernement immense déjà au bout de ses moyens.
On voit très souvent les syndicats dans la rue en train de courir après de l'argent, des augmentations de salaire. Ce sont les chefs syndicaux qui prônent aussi que notre Québec est fort, que notre Québec va bien, qu'il a les moyens de payer plus. Payer plus? Quand on sait que notre dette totale est d'environ 120 milliards, comment peut-on clamer que le gouvernement a les moyens de payer plus? Où sont les chiffres, les preuves? Il faut cesser de rêver que le Québec est un petit paradis qui peut suivre son « Modèle Québécois » sans tuer son économie et briser son avenir. Il faut voir plus loin que tout cela, parce qu'aller chercher plus de fonds pour ceci et cela, ce n'est pas dans les arbres qu'on trouve les capitaux, c'est dans les poches de ceux qui ont déjà de l'argent. Il faudrait se demander à quel point c'est viable pour une économie d'aller drainer les avoirs de ceux qui performent sur le plan économique pour en redistribuer un pourcentage toujours plus élevés aux couches inférieures. Il faut aussi penser qu'il y a un seuil où on passe du "soutient social" au "faire-vivre social". (Voir le billet sur les mythes des gauchistes bien-pensants)
Nous pouvons nous soucier de notre économie et être responsable socialement, ce ne sont pas des concepts opposés.
Le gouvernement n’a pas à payer pour tout
Je suis d'accord que les médecins spécialistes du Québec sont dans les moins bien payés au Canada, mais veulent-ils que nous coupions dans l'éducation pour leur donner des salaires dits « justes »? Qu'est-ce qui est juste selon vous?
Pour moi ce qui est juste, c'est d'essayer de travailler tous ensemble, de changer de mentalité afin de donner au Québec les moyens de ses aspirations. Nous voulons une société libre, forte économiquement, une société où le savoir est une priorité et où la santé des citoyens est primordiale.
Ce que nous voulons, nous avons la mauvaise idée de le vouloir gratuitement. C'est là un défaut des Québécois : ils ne veulent pas payer, ils veulent que le gouvernement paie pour eux. Ils veulent tout, maintenant et gratuitement.
J'ai déjà entendu ceci à la radio : « Si le patron n'a pas assez d'argent pour payer ses employés comme ils le veulent, qu'il ferme la shop! » Est-ce là la mentalité que nous voulons cultiver?
Faire fermer le Québec s'il n'a pas les moyens de payer?
Parce que c'est ce qui risque d'arriver si nous continuons à nous bloquer du reste du monde et ne regarder que notre nombril. Nous ne sommes pas aussi riches que nous le croyons, mais nous pouvons y arriver!
Quand on se compare on se console?
Bien sûr, si on regarde la situation en Afrique, nous sommes bien mal placé pour se dire pauvre.
En fait, nous ne sommes pas pauvres dans le sens populaire du terme.
Mais nous sommes dans le "peloton de queue" des sociétés riches et c’est dangereux de descendre.
Dangereux parce que si nous laissons stagner notre niveau de vie à ce qu’il est actuellement, nous allons regarder passer le bateau et souffrir d’une récession parce que nous ne nous sommes pas adaptés à la situation mondiale.
L’environnement, ça coûte quelque chose
Il ne faut pas se le cacher, si nous continuons de consommer de la même façon que nous le faisons, il nous faudra bientôt deux planètes pour subvenir à nos besoins. Mais effectuer le changement de ressources, avoir des installations plus écologiques et de nouvelles techniques non polluantes pour se déplacer, ça coûte cher, très cher. (voir l'article sur l'éco-capitalisme et l'article sur le libre marché environnementaliste disponibles sur Wikipedia, en anglais seulement).
Si le grouvernement allège son fardeau, il aura plus de fonds pour promouvoir la conservation de l'environnement. Si on changeait de mentalité et d'avoir tout gratuitement (je parle d'électricité) et qu'on payait un prix plus près de celui du marché, il est évident qu'il y aurait moins de gaspillage. Si on avait plus de richesse, on pourrait octroyer des fonds pour avoir des installations vertes dans nos entreprises.
Car il faut aussi faire attention à ne pas faire un virage vert et opter pour des mesures anti-compétitives. Il y aurait une plus-value incroyable, si en plus d'être un territoire fertile pour les entreprises, le Québec pourrait aider les enterprises à devenir plus eficaces et à polluer moins.
L'idée de bourse du carbone (qui pourrait devenir une "bourse écologique") est très bonne dans cet optique de garder un territoire compétitif.
Avec la richesse, on arrête de tourner en rond
Souvent, on entend l’opposition dire que le gouvernement en place (peu importe le parti) a coupé dans tel secteur, n’a pas mis l’argent à la bonne place, a réduit ses subventions dans un secteur quelconque, etc.
Si le gouvernement coupe, c’est qu’il place ailleurs, c’est une fausse croyance de se dire que quand le gouvernement coupe il se met de l’argent dans les poches (repayer la dette n'est pas ici vu comme une pratique malsaine puisqu'un seul point de pourcentage payé de la dette débloque des sommes très importante en intérêts).
Donc, si on veut avoir des services de qualité, des subventions dans des secteurs qui en ont besoin, de l’aide gouvernementale, etc, nous devons créer de la richesse et l’utiliser.
Conclusion
Finalement, ce que je tentais de prouver ici, en étant le plus objectif possible dans mes arguments c'est que la création de richesse est, pour le Québec, un chemin indispensable si notre société veut prospérer et briller parmi les meilleures!
Ce qu'il faudrait au Québec, c'est redorer la culture entrepreneuriale, car ce sont les entrepreneurs qui dessinent le paysage économique d'une société et qui fournissent les emplois qui font augmenter le niveau de vie des Québécois.
Sources :
Pour le salaire des infirmières, l'annecdote sur l'orchestre symphonique, les pourcentages d'impôts de des populations de la Chine, de l'Inde du Japon et des qulques régions asiatiques, les pourcentages de gens qui font plus de 100 000$ par année : L'Éloge de la Richesse d'Alain Dubuc







1 commentaires:
Je vous invite à lire l'histoire de Serge Rouleau sur les 10 gars qui vont à la bière...très bonne vulgarisation de la chose et très réaliste.
Serge Rouleau est éditorialiste sur le magazine Nagg et collaborateur fréquent du Québecois libre.
Salutations,
Tym Machine
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